L’œuf et la pierre

L’amour est une pente
songeait-il dévalant
l’infime distance qui les séparait
roulant pour tout dire à sa perte
À l’effleurer il se fêle
De ses plaies du blanc lentement découle
du jaune jaillit de cette fente
qui se prend à courir sur son ventre oblong
Sa cohérence toute derrière lui
il est brisé visqueux
toujours à mendier cet amour
qu’on ne lui donne ni lui refuse
Car elle à l’aise dans sa masse
rien de rien elle ne sent rien
du piètre sacrifice poisseux
qui se joue dessus sa carapace
et son cœur ne saurait en être éclaboussé

Notes:

Sylvie Kandé, from Gestuaire, © Éditions Gallimard.

Source: Poetry (March 2026)